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Santé naturelle, beauté, bien-être

Système immunitaire : les facteurs qui l'affectent

Découvrez ce qui impacte votre immunité pour mieux vous défendre
Photo © Kipras Štreimikis sur Unsplash

Face aux microbes non plus, nous ne sommes pas tous égaux... mais sommes-nous nés avec les mêmes chances de résister aux attaques des bactéries, des virus, des champignons et des parasites ? Ces intrus, pas systématiquement pathogènes, mettent notre système immunitaire à rude épreuve, mais pourquoi la réponse immunitaire de mon voisin semble-t-elle tellement plus efficace que la mienne ? Nous tentons de vous donner quelques éléments de réponse pour que vous puissiez mettre toutes les chances de votre côté, en changeant ce qui peut être changé et en vous protégeant le cas échéant. Connaître les cartes que vous avez en main vous permettra de savoir sur quoi miser.

Génétique et immunité

De plus en plus d'études fleurissent sur le lien entre nos gènes et notre système de défense dans le but d'offrir à la médecine une prise en charge ciblée, adaptée à nos particularités individuelles, en fonction de notre âge, notre sexe, notre passé infectieux et notre patrimoine génétique... Et avec plus de 1600 gènes impliqués dans les réponses immunitaires innées et adaptatives, le champ de recherches est vaste.

Le projet Milieu Intérieur, coordonné à l’Institut Pasteur par le Dr Lluis Quintana-Murci, directeur de recherche CNRS, a publié en 2018 une étude (1) sur la variation du système immunitaire dans la population française.

Les tests ont porté sur un large échantillon de 1000 Français, âgés de 20 à 69 ans, avec autant de femmes que d'hommes. On leur a prélevé leur sang, leur ADN, leur historique vaccinal et médical, les bactéries vivant dans leur intestin et leur nez. Et ce qui a été mesuré, ce sont les changements d’expression de gènes de l’immunité suite aux exposition à différents virus, bactéries, et champignons. Tout en déterminant les caractéristiques moléculaires des globules blancs composant le sang des donneurs.

Les résultats indiquent qu'une grande partie de la variation du système immunitaire entre individus est due à des différences de sexe et d’âge. Ainsi, les personnes âgées et les femmes sont génétiquement déterminés à être plus fragilisés par les agents pathogènes.

Et le patrimoine génétique alors ?

Eh bien, les variations génétiques capables de changer l’expression des molécules clés de la réponse immunitaire se comptent par centaine ! Certaines ont même été associées à un plus grand risque de développer une allergie aux pollens, un lupus érythémateux, ou bien encore un diabète de type 1 ! Pour aller encore plus loin, Milieu Intérieur étudie en ce moment l'impact de nos flores intestinale et nasale, ainsi que les modifications transitoires de notre ADN, sur les différences immunitaires. En attendant ces résultants sans doute fascinants, le Dr Lluis Quintana-Murci nuance toutefois leurs recherches : « La consommation de cigarettes, et l’infection asymptomatique par le cytomégalovirus, [un virus de la famille des herpès et] qui concerne 35% de la population [française], ont également un impact majeur sur notre composition sanguine, ce qui pourrait expliquer que des fumeurs et des personnes infectées par ce virus puissent avoir une plus grande susceptibilité aux infections. »

Mode de vie et immunité

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a pas mal de facteurs extérieurs sur lesquels nous pouvons agir pour ne pas subir cette mauvaise donne de départ. La clé, on peut vous la donner tout de suite : évitez tout ce qui peut générer une réaction inflammatoire, manifestation naturelle de l'immunité innée, qui, si elle se prolonge, peut mettre à mal notre système de défenses naturelles...

Tabagisme

Le tabac, avec son cocktail de 4000 substances chimiques en tous genres (nicotine, hydrocarbones, glycoprotéines, métaux...), est clairement mis en cause dans les maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Mais saviez-vous qu'il impacte à la fois l'immunité innée et l'immunité acquise avec des résultats lourds de conséquence ?

Comme le montre l'étude de 2010 d'Arnson et Al. (2), la fumée de cigarette augmente la production de nombreuses cytokines pro-inflammatoires et diminue les niveaux de cytokines anti-inflammatoires. Elle est aussi responsable du développement de maladies atopiques et d'asthme et semble de plus en plus liée à certaines pathologies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé...).

L'exposition tabagique cumule ainsi des effets pro-inflammatoires et immuno-suppresseurs, notamment à cause de la nicotine.

C'est aussi un des principaux facteurs des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ce qui peut entraîner une malabsorption des nutriments et nous amène à notre autre sujet : l'alimentation.

Alimentation ou immuno-nutrition

Manger pour prendre soin de ses défenses naturelles, c'est possible, d'où l'intérêt de soigner son alimentation en période d'affaiblissement de l'organisme : hiver, convalescence, épidémie... Pour parvenir à faire le plein de magnésium, de zinc, de vitamine D, de vitamine A, de vitamine C qui sont instrumentaux pour un système immunitaire efficace, le recours à des compléments alimentaires spécial défenses naturelles peut être envisagés.

Faites le plein de protéines de sources variées pour vous assurer une bonne diversité d'acides aminés et d'enzymes qui vont pouvoir se lier aux vitamines et aux minéraux (leurs cofacteurs) pour pouvoir déployer un parapluie de globules blancs et d'anticorps efficace en cas d'agression. Mais attention les protéines sont vite dénaturées par la chaleur...

Dans la liste des produits à bannir de votre alimentation pour garder des défenses naturelles au top, on trouve à peu près tout ce que l'alimentation moderne a à offrir : les sucres raffinés, les mauvaises graisses, les aliments acidifiants, les fritures... bref tous ces aliments pro-inflammatoires dont on nous répète depuis un moment qu'ils sont nocifs, notamment parce qu'ils produisent un stress oxydatif important qui empêche les cellules, et notamment les cellules immunitaires, de fonctionner normalement et qui, de surcroît, génèrent de l'inflammation.

Et attention aussi aux « bons » sucres de produits naturels comme le miel, les jus de fruits frais... : il ne faut pas en abuser, car des études semblent indiquer qu’une glycémie élevée affaiblisse les défenses immunitaires. Tout est question d'équilibre.

Zoom sur les produits glyqués

Les produits glyqués, aussi appelés produits de glycation avancés (AGE), sont le résultat d'une cuisson à trop forte température des protéines. Parfois surnommé « caramélisation des protéines », ce phénomène se produit quand les glucides se fixent sur les protéines. On les retrouve donc dans les viandes cuites au barbecue, mais aussi sur les rôtis... le caramel en est un exemple parlant et donc aussi tous les produits en contenant, comme les colas... et bien sûr tous les aliments frits qu'on savait déjà mauvais pour le cœur. Ces produits glyqués, qui sont aussi fabriqués dans l’organisme naturellement, se fixent sur des récepteurs cellulaires et provoquent l’augmentation du stress oxydatif et la production de molécules pro-inflammatoires. Alors, autant éviter de surcharger l'organisme avec un apport exogène !

Notons que des études (5) tendent à montrer que les flavonoïdes seraient en fait de puissants inhibiteurs de la glycation. Parmi les végétaux en contenant le plus, on trouve le thé vert, l'échinacée, la propolis verte, blanche ou brune, les pépins de pamplemousse, le resvératrol, l'astragale, la vigne rouge, le maté, le ginseng...

Le sport

Les femmes sont plus sujettes aux infections.

Ce n'est plus à démontrer : l'exercice a un impact profond sur le système immunitaire et la résistance aux infections. Il existe un consensus général selon lequel des périodes régulières d'exercice d'intensité modérée de courte durée (c'est-à-dire jusqu'à 45 minutes) sont bénéfiques pour les défenses immunitaires, en particulier chez les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques.

Et même si le lien direct n'avait pas été prouvé, le sport fait descendre le niveau de stress, ce qui a un effet bénéfique indirect sur l'organisme (et on ne parle même pas de l'entretien des muscles (cœur y compris) et des articulations...).

La solitude

Une étude américaine de 2007 (7) a analysé l'impact d'environnements sociaux défavorables sur l'expression de certains gènes dans les leucocytes. Et elle a démontré un lien entre la solitude et le risque accru de maladies inflammatoires.

Le stress

Bien sûr, la solitude peut être perçue comme une source de stress.... et clairement ce sont toutes les formes de stress qu'il convient d'éviter si l'on en croit une autre étude (8) portant sur les stress liés à l'environnement social : isolement, perte d'un proche, statut socio-économique de faible niveau, stress traumatique... Celle-ci a montré que l'exposition chronique à des environnements sociaux défavorables comme définis plus haut était associée à un risque accru de maladie et que l'expression des gènes pro-inflammatoires était augmenté en cas de stress. De sorte que cette sur-réaction immunitaire pourrait augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires, d'obésité et de diabète...

Parallèlement, d'autres études ont mis à jour l'affaiblissement du système immunitaire en situation de stress psychologique.

Bref, d'un côté comme de l'autre, le stress dérégule une réponse immunitaire saine.

Le sommeil

L'homme tire de nombreux bénéfices du sommeil : métabolisme, apprentissage, mémorisation, réparation du système nerveux... mais jusqu'ici son bénéfice pour le système immunitaire n'était qu'une hypothèse.

Une étude de 2016 (9) portant sur plus de 9000 sujets a examiné le lien entre la somnolence diurne excessive et le recours à des anti-infectieux. Les résultats ont montré une plus grande vulnérabilité aux infections fongiques et parasitaires chez les personnes qui avaient un sommeil qualitativement et quantitativement médiocre.

Une autre étude plus restreinte (10) avait déjà mis en évidence en 2009 le lien entre un bon sommeil (là encore qualitatif et quantitatif) et la résistance au virus du rhume. D'une part, les participants avec moins de 7 heures de sommeil étaient 2,94 fois plus susceptibles de développer un rhume que ceux avec 8 heures ou plus de sommeil. Et d'autre part, les participants avec moins de 92% de sommeil jugé efficace étaient 5,50 fois plus susceptibles de développer un rhume que ceux avec 98% ou plus de sommeil de qualité.

Il semble que nos mécanismes de défense sont plus efficaces quand nous dormons bien. En prévention, c'est donc un facteur à soigner. D'autant plus que plusieurs études ont déjà constaté qu'un manque prolongé de sommeil pouvait entraîner une inflammation systémique chronique de bas grade et était associée à diverses maladies inflammatoires, comme le diabète, l'athérosclérose...

 

Pour rester en forme, il nous faut un système immunitaire en bon état de marche. S'il s’agit surtout de ne pas l'affaiblir inutilement, veiller à son bon fonctionnement devrait être une préoccupation quotidienne. Nous avons évoqué ici quelques axes d'amélioration, mais il reste des petits gestes simples qu'on peut faire au quotidien comme nettoyer ses fosses nasales avec une solution adaptée, se laver les mains régulièrement...

 

Sources

(1) Scepanovic P, Alanio C, Hammer C, Hodel F, Bergstedt J, Patin E, Thorball CW, Chaturvedi N, Charbit B, Abel L, Quintana-Murci L, Duffy D, Albert ML, Fellay J1; Milieu Intérieur Consortium, Human genetic variants and age are the strongest predictors of humoral immune responses to common pathogens and vaccines, Genome Med. 2018 Jul 27;10(1):59. doi: 10.1186/s13073-018-0568-8

(2) Y Arnson, Y Shoenfeld, H Amital, Effects of tobacco smoke on immunity, inflammation and autoimmunity, J of Autoimmunity, 2010, 34 : 258-65, doi : 10.1016/j.jaut.2009.12.003

(3) Anne Kennel de March, Marie-Christine Béné, Sophie Derniame, Frédéric Massin, Patricia Aguilar, Gilbert Faure, Tabac et immunité muqueuse: Inflammation ou déficit immunitaire acquis, Revue Française des Laboratoires, vol. 2004, n° 361, p. 27-31 (mars 2004), doi : S0338-9898(04)90091-1

(4) Vlassara H1, Uribarri J, Ferrucci L, Cai W, Torreggiani M, Post JB, Zheng F, Striker GE, Identifying advanced glycation end products as a major source of oxidants in aging: implications for the management and/or prevention of reduced renal function in elderly persons, Semin Nephrol. 2009 Nov;29(6):594-603. Doi : 10.1016/j.semnephrol.2009.07.013

(5) Paul Urios, Anne-Marie Grigorova-Borsoss, Jacques Peyroux et Michel Sternberg, Inhibition de la glycation avancée par les flavonoïdes. Implication nutritionnelle dans la prévention des complications du diabète ? J. Soc. Biol., vol. 201, n° 2, 2007, p. 189 - 198, s. La réaction de Maillard : rôle physiopathologique et approche pharmacologique, doi : https://doi.org/10.1051/jbio:2007024

(6) Simpson RJ, Campbell JP, Gleeson M, Krüger K, Nieman DC, Pyne DB, Turner JE, Walsh NP, Can exercise affect immune function to increase susceptibility to infection?, Exerc Immunol Rev., 2020, 26:8-22

(7) Cole, S.W., Hawkley, L.C., Arevalo, J.M. et al., Social regulation of gene expression in human leukocytes, Genome Biol 8, R189 (2007), doi : https://doi.org/10.1186/gb-2007-8-9-r189

(8) Nicole D. Powell, Erica K. Sloan, Michael T. Bailey, Jesusa M. G. Arevalo, Gregory E. Miller, Edith Chen, Michael S. Kobor, Brenda F. Reader, John F. Sheridan, and Steven W. Cole, Social stress up-regulates inflammatory gene expression in the leukocyte transcriptome via β-adrenergic induction of myelopoiesis, PNAS October 8, 2013 110 (41) 16574-16579, doi : https://doi.org/10.1073/pnas.1310655110

(9) Berticat, C. et al., Excessive daytime sleepiness and antipathogen drug consumption in the elderly: a test of the immune theory of sleep, Sci. Rep. 6, 23574, doi : 10.1038/srep23574 (2016)

(10) Cohen S, Doyle WJ, Alper CM, Janicki-Deverts D, Turner R, Sleep habits and susceptibility to the common cold, Arch Intern Med. 2009 Jan 12;169(1):62-7, doi : 10.1001/archinternmed.2008.505

Date de mise à jour : mercredi 25 mars 2020 par Alexandre Autrou